Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Mandement de rémission pour Geffroy Guillou

Registre B33 Lettre n° 26

17/05/1531

<78 verso>
Mandement adressé aux juges
de Rennes quant de proceder aux prochains
plectz de ladite court de Rennes a l'antherinance
et verificacion de certaines lettres de grace
impetrees pour Geffroy Guillou pour l'entree
de la royne a Paris, desquelles lettres
de grace la teneur ensuist.
[1]
Eleonor, par la grace de dieu, royne de France, a tous
[2]
presens et a venir, salut. Comme suyvant les droitz, previleges et
[3]
arrectez a nous octroyez par monseigneur le roy, pere legitime
[4]
administrateur et usufruituaire des biens de notre tres cher
[5]
et tres ame filz le daulphin, duc proprietaire des pays
[6]
et duché de Bretaigne et ce que noz predicesseresses
[7]
roynes ont acoustumé fere en ce royaulme de France,
[8]
nous loise et apartienne a notre novelle venue en
[9]
iceluy royaulme et premiere entree en toutes et chacune les
[10]
villes et citez, bourgs, chasteaulx, places et aultres
[11]
lieux de cedit royaulme et aultres pays, terres et
[12]
seigneuries du roy mondit Sr et de notre tres cher
[13]
et tres amé filz le daulphin, fere ouvrir les prisons
[14]
desdits lieux et fere eslargir tous et chacuns les prisonniers
[15]
que y trouvons lors detenuz et leur remectre, quicter
[16]
et pardonner si c'est notre plaisir les cas par eulx
[17]
commis. Et soit ainsi que a notre nouvelle venue
[18]
et joyeuse entree en la ville et citté de Paris, ayons
[19]
faict ouvrir les prisons et faict eslargir et delivrer
[20]
tous et chacuns les prisonners y estans pour leur fere grace
[21]
et remission selon nosdits previlleges entre lesquelz prisoniers
[22]
y trouvez et delivrez, estoit ung nommé Geffroy Guillou
[23]
demourant a Vitré pres Rennes en Bretaigne et agé
[24]
de quarante deux ans ou envyron, chargé de femme et <79 recto>
[25]
ensfans, pour le cas cy-apres declairé. C'est assavoir
[26]
que ou moys de janvyer dernier passé, l'un estant
[27]
en la maison de Amaury Brouessin, tavernier, ou bas de ladite
[28]
maison, en la compaignie de Raoullet Chonon, François Gareau
[29]
et aultres dont il n'est records, vers le vespre,
[30]
et qu'ilz eurent compte audit Brouessin ou ses commis
[31]
parce qu'il n'avoit point de monnoye, leurs bailla ung
[32]
escu d'or soullail, leurs disant qu'ils se poyassent et qu'ilz en
[33]
rendissent le reste, la femme duquel Broessin envoya
[34]
par l'un de ses serviteurs en la ville savoir si ledit escu estoit
[35]
bon et vallable, lequel serviteur luy retorné raporta que
[36]
ledit escu n'estoit assez pesant et a ceste cause, combien que
[37]
ledit escu fust bon et qu'il n'avoit aucune autre monnoye,
[38]
bailla a l'hotesse, femme dudit Broessin, ung chapeau en gaige
[39]
jucques a ce qu'il fust allé en sa maison en requerant
[40]
ledit Guillou, suppliant, ausdit Raoullet Chenon et Gareau
[41]
et aultres estans avec luy qu'ilz luy pretassent dix
[42]
deniers tournois pour payer sondit escot et que ne vollirent faire
[43]
lesdits Chosnon et Gareau et autres en leurs compaignye.
[44]
De ce irrité, ledit supliant s'en issut hors ladite maison
[45]
dudit Broessin et s'en alla en sa maison, commenda a sa
[46]
femme envoyer dix deniers tournois qu'ilz avoit despendu en leur
[47]
maison dudit Brouessin et sans arrester en sadite maison
[48]
ayant ung petit baston de boys de grosseur seullement
[49]
d'un poulce ou envyron en sa main, retorna vers ladite
[50]
maison dudit Broessin et ainsi come il retornoyt, trouva
[51]
en son chemyn pres ladite maison dudit Broessin, lesdits
[52]
Chonon, Francois Gareau et ung autre a luy incongneu
[53]
lesquelz en sortant de ladite maison et pres icelle commancerent
[54]
a dire telles parolles ou semblables en parlant dudit
[55]
suppliant : « Voyla ung honeste homme d'avoir lessé son chapeau
[56]
en gaige de dix deniers tournois pour son escot seullement. »
Lequel
[57]
supliant soy voyant injurié par lesdit Gareau, Chonon et autre
[58]
incongneu de leurs compaignye leurs dist qu'ilz avoint menty
[59]
et qu'il avoit voulu bailler a l'hotesse ung escu pour
[60]
payer sa despanse en luy baillant le reste dudit escu,
[61]
et ce disant pour obvyer qu'ilz ne le oultragissent, bailla
[62]
audit Gareau dudit petit baston de boys seullement ung coup <79 verso>
[63]
sur la teste ou sur son coup memoratiff
[64]
souvenant en quel des deux lieux duquel coup par fortune
[65]
ou autrement ledit Gareau seroit incontinant decebdé.
[66]
Davantage que douze ans [?a?] ou envyron autrement du temps
[67]
n'est records, soy trouva en la maison de Henry Poullain
[68]
en laquelle maison et pres icelle y a ung jeu de
[69]
paulme, ledit Poullan [??] ou rachaptz de forbourg
[70]
dudit Vitré ouquel jeu ledit Guillou, supliant, avec ung
[71]
nommé Pierres Goullafre, a present defunct, jouerent audit
[72]
jeu a la paulme, en jouant auquel jeu ensemblement
[73]
sur aucunes parolles qui entre ledit supliant et ledit defunct
[74]
Goulafre se meurent et suciterent iceluy supliant
[75]
print oudit jeu de paulme une perche de boys de la grosseur
[76]
de deux posses qui servoit a tyrer l'eau d'un puys
[77]
qui estoit audit jeu de palme et de ladite perche donna
[78]
audit Gollafre ung coup seul ou derriere de ses jambes
[79]
duquel coup ledit Goulafre tomba a terre sans se
[80]
douloir de nul mal avoir, et ce neantzmoins ledit Galafre
[81]
relevé acheverent la partie qu'ilz avoint [??]
[82]
luy et ledit supliant et depuis beurent ensemble ledit
[83]
Goulaffre et ledit supliant apres ladite partie achever.
[84]
Toutesfoiz, ledit Goulaffre dedans l'an apres ledit coup
[85]
a luy baillé par ledit supliant, est allé de vie a trespas
[86]
autrement est ledit supliant memoratiff du temps a raison
[87]
desquelz cas, ledit supliant craignant rigueur de justice
[88]
se seroit absenté du pays ouquel ne ailleurs en ce
[89]
royaulme il ne ouseroit bonnement conversez ne repairer
[90]
si ne luy estoit sur ce porveu de grace et misericorde,
[91]
nous humblement requerant que actendu ce que dit est et
[92]
que en tous aultres cas il est bien famé et renommé
[93]
sans jamais avoir esté actaint ne convaincu d'aucun
[94]
autre villain cas, blasme ou reproche nous luy veillons
[95]
sur ce impartir noz grace, remission et pardon. Pourquoy
[96]
nous ces choses considerees usans de nosdites privilleges et
[97]
droictz a notredite venue et entree en ladite ville et cité de Paris
[98]
en ce preferer misericorde a rigueur de justice a nous
[99]
audit suppliant ou cas dessurdit, quicté, remis et pardonné
[100]
et par la teneur de ses presentes, quictons, remectons et pardonnons
[101]
les faictz et cas dessus declairez avec toute peine.

Darande