Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Rémission pour Jehan Lefelle

Registre B33 Lettre n° 6

4 février 1530 [04/02/31]

<15 verso>
Remission pour Jehan Lefelle, seigneur de
Guebriend, la verificacion a la court
de Lamballe, pour la teneur ensuilt.
[1]
Francois, etc, a tous presens et a venir, salut. Receu
[2]
avons l'humble suplicacion et requeste des parens et amys
[3]
de Jehan Lefelle, jeune gentilhomme, Sr du Guebriend de
[4]
le age d'envyron vingt ans, l'un des hommes d'armes de
[5]
noz ordonnances soulz la charge et conduicte de notre tres cher
[6]
et amé cousin le Sr de Chateaubriend, Contenant que, ou
[7]
moys de septembre derroin, ledit Lefelle acompaigné
[8]
de deux ses serviteurs se transporta en la ville de Sainct
[9]
Brieuc a ung jour de foire pour aucuns ses afferes. Et il
[10]
estant quelque peu emboité de vin, garny d'une rondelle
[11]
et espee, eut celuy jour question et debat avecq ung
[12]
nommé Michel Legal, armeurier demourant en la ville de
[13]
Sainct Brieuc, touchant quelques couteaulx et ouvraige du mestier dudit Legal
[14]
et ou debat et question d'entreulx ledit Lefelle, eschaufé et emboyté de vin,
[15]
comme dit est, jura plusieurs fois dieu qu'il tueroit ledit Legal. Lequel
[16]
fouyt en sa maison en ladite ville de Saint Brieuc et ferma ses huis et
[17]
fenestres lesquelles ledit Lefelle s'esforcza de rompre avec l'ayde de
[18]
sesdits deux serviteurs pour devouar oultraigé ledit Legal. Durant
[19]
lequel debat, estant ledit Lefelle fort eschausfé et couroucé et
[20]
ayant l'espee nue en sa main, sourvint illec Pierres Vuclou,
[21]
Sr du Poutalasne, quel voulut par parolle impescher ledit Lefelle
[22]
de faire oultraige audit Legal appellant ledit Lefelle, Monsieur,
[23]
et luy disant que se ne luy seroit point d'honneur de voulloir
[24]
oultraiger ledit Legal et qu'il s'en estoit fuy devant luy
[25]
et qu'il n'y avoit plus que les femmes. Surquoy ledit Lefelle,
[26]
eschauffé et couroucé, luy demanda s'il vouloit excuser ledit
[27]
Legal et porter sa querelle, luy disant que s'il vouloit excuser
[28]
se meschant, parlant dudit Legal, qu'il le tueroit tout plat. <16 recto>
[29]
A quoy luy respondit ledit Vuclou : « Pourquoy me tuerez-
[30]
vous ? Non ferez ; j'en ay veu de plus roides ou ruddes que vous
[31]
queulx ne me ont pas tué. »
Et tout incontinent lesdites parolles
[32]
dictes, ledit Lefelle ayant son espee tiree esvaginee,
[33]
en rudes et rigoreusses parolles dist audit Vuclou : « Si feray. »
[34]
Et se approcha dudit Vuclou qui tira aussi son espee hors
[35]
du fourreau et luy et ledit Lefelle s'entreruerent chacun
[36]
son coup destoc duquel coup que rua ledit Lefelle, il frapa
[37]
ledit Vuclou au ventre dont yssut esfusion de sang,
[38]
a raison duquel coup, celuy Vuclou dedans troys jours
[39]
ensuyvans decesda. Et a celle cause, ledit Lefelle
[40]
s'est rendu fugitiff, sur lequel cas a esté ledit
[41]
Lefelle ajourné pluseurs foiz, tant a la court de Moncontour
[42]
que par l'auditoire de noz chancelerie et conseil de cedit pays et
[43]
duché, respondit tant au procureur general de cedit pays
[44]
que au procureur de ladite court de Moncontour et parties interessees
[45]
ausqueulx adjournemens, il a deffailly par pluseurs foiz
[46]
et prinse de corps commandee sur luy quelle n'a esté
[47]
executee par la fuyte dudit Lefelle qui est clerc
[48]
tonsuré [?solu?] non marié et nous ont, oultre lesdits
[49]
supplians, remonstré que ledit Jehan Lefelle est
[50]
dudit eage d'envyron vingt ans, homme d'armes
[51]
de nosdites ordonnances, soubz la conduicte et charge de notredit
[52]
cousin, le seigneur de Chateaubriend, bien dispos de sa personne,
[53]
ayant bon voulloir de nous servir en noz guerres en ensuyvant
[54]
l'estat de ses pere, ayeut que autres ses predecesseurs quelz
[55]
de tout temps ont esté au service de nous et nos predecesseurs,
[56]
ducs et princes de cedit pays et duché, au faict de leurs guerres
[57]
et qu'il n'a jamais esté reprins d'aucun mauvais cas digne
[58]
de punition corporelle autre que celuy de present quelle a esté
[59]
faict en chaude colle et n'avoit eu lesdits Lefelle et Vuclou
[60]
auparavant aucune querelle ne question ensemble et que il
[61]
doubtent que on vielle proceder a rigueur de justice contre ledit Lefelle,
[62]
si par nous ne luy estoit dudit cas imparty nos lettres de grace, remission
[63]
et pardon, tres humblement les nous requerans. Pourquoy,
[64]
etc. Et au bas de la remission sont escript ses mots et ce que dessus
[65]
[?parlais?], pourveu que ledit Lefelle sept tenu de bailler et faire delivrer, <16 verso>
[66]
pour l'honneur de dieu, a l'opital de [?ceste?] notre ville de Nantes
[67]
et aux seurs de Saincte Clere, a chacun cent soubz tournois dont il sera
[68]
tenu a paroir* quictance a notredit sennechal de Lemballe au jour que ledit Lefelle
[69]
presentera devant luy [?ceses?] noz presentes lettres de grace données
[70]
comme dessus.

Mandart