Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Rémission pour Olivier Le Comte

Registre B34 Lettre n° 11

06/03/1531 [06/03/1532]

<49 verso>
Remission pour Olivier Le Comte, la verificacion au sennechal de Ploermel.
[1]
Francois, etc, a tous presens et advenir,
[2]
savoir faisons, nous avoir receu l'humble supplicacion
[3]
et requeste des femme, enfans et amys consanguins
[4]
de notre pouvre subgect Olivier Le Comte de la
[5]
parroisse de Baignon, Contenant que le dimanche
[6]
sixiesme jour de febvrier l'an mil vcxxix
[7]
et quequessoit environ celluy temps, ledit
[8]
Le Comte et sadite femme feussent allez de leur
[9]
maison et demeurance a l'eglise parrochial
[10]
dudit Baignon pour y ouyr la grant messe
[11]
et divin service, et apres icelle avoir ouye, s'en
[12]
allerent en la maison de Jehan Rolland et <50 recto>
[13]
feue Jehanne Plesseix, sa femme, estant audit bourg
[14]
y tenans lors hostellerie et vin en vente, en
[15]
laquelle maison y avoit ledit jour nopces et
[16]
assemblee de gens, ou ilz disnerent et prindrent
[17]
leur resfection en presence et compaignye de plusieurs
[18]
gens de ladite parroisse. Et apres qu'ilz eurent
[19]
compté et poyé ce qu'ilz avoient despendu, ledit
[20]
Le Comte fist venir une pinte de vin et pour
[21]
poyement de laquelle il bailla ung unzain
[22]
a ladite Jehanne Plesseix. Et depuix estans
[23]
ceulx Le Comte et sadite femme en compaignie
[24]
de Jehan Rolland, Michel Teixier et plusieurs
[25]
autres faisans ung mariage d'une fille dudit
[26]
Jehan Rolland avecques ledit Michel Texier, et
[27]
en l'endroit ledit Le Comte heurta de sa main ung
[28]
voyre qui estoit tumbé sur la table ou ilz
[29]
bevoint et rompit ledit voirre ; et alors
[30]
ladite Jehanne Plesseix dist audit Le
[31]
Comte : « Tu romps les voirres comme s'ilz ne
[32]
te coustoint riens ! »
et ledit Le Comte luy respondit :
[33]
« Tu ne fays pas cas de prandre unze deniers
[34]
pour une pinte de vin qui ne vault que
[35]
huit ! »
Et depuis environ l'heure de dix ou unze
[36]
heures du soir comme lesdits Ollivier Le
[37]
Comte et sadite femme voullurent s'en aller,
[38]
ilz demanderent a ladite Jehanne Plesseix
[39]
troys deniers de retour de l'onzain que ledit Le
[40]
Comte avoit baillé pour ladite pinte de vin
[41]
qu'ilz avoint beue ainsi qu'est devant declairé,
[42]
disans que autre chose ne les tenoit qu'ilz ne
[43]
s'en alloint. Et lors, ladite Jehanne Plesseix <50 verso>
[44]
tira de sa bourse ung denier et le voullut
[45]
bailler audit Le Comte en luy disant : « Allez-
[46]
vous en ! vous avez rompu des voirres. »

[47]
Quel denier ledit Le Comte reffusa prandre
[48]
et dist qu'elle s'en repentiroit si elle ne luy
[49]
bailloit son retour, et a l'heure ladite Jehanne
[50]
Plesseix demanda audit Le Comte par telles
[51]
parrolles : « As-tu mitz cousteaulx ? » Quel le Comte
[52]
respondit : « Ouy, qui te cuydera ! » Et sur ce et le
[53]
debat dudit retour sourdit entreux plusieurs
[54]
parolles de rumeur et injures, s'entre-
[55]
appellans la femme dudit Le Comte et ladite Jehanne
[56]
Plesseix : « Putains ! Faulces [?vesses?] ! » et aultres plusieurs
[57]
injures et perseverent ladite Jehanne Plesseix
[58]
en sesdites injures, bouta et mist rudement et par force lesdits
[59]
Le Comte et sadite femme hors de ladite maison.
[60]
Et estans ledit Le Comte et sa feme hors,
[61]
ledit Le Comte quel estoit eschausfé et
[62]
emboyté de vin, estant irrité et courroussé
[63]
desdites injures que luy disoit et a sadite femme
[64]
ladite Jehanne Plesseix et qu'elle ne luy voulloit
[65]
bailler le retour de sondit onzain, en l'instant
[66]
tira ung petit cousteau qu'il portoit a sa
[67]
sceinture et dicelluy par sur le contrehuys
[68]
dicelle maison que tenoit ladite Jehanne
[69]
pour icelluy closre et fermer, donna ung
[70]
seul coup a icelle Jehanne ne scayt
[71]
en quel endroit pourtant qu'il estoit nuyt
[72]
et qu'il faisoit obscur a l'occasion duquel
[73]
coup qui se trouva environ la poictrine, ainsi <51 recto>
[74]
que l'on dit, ladite Jehanne icelle mesme nuyt
[75]
par faulte de pansement ou aultrement ala de vie
[76]
a deceix. Duquel cas, la femme dudit Le
[77]
Comte a obtenu de nous noz lettres d'abolicion
[78]
et pardon. Et a l'occasion dicelluy, ledit Le Comte
[79]
s'est desoncq puix rendu fugitif. Si nous
[80]
remonstrent oultre que ledit Olivier Le Comte
[81]
a esté auparavant ledit cas advenu bien vivant
[82]
et soy gouvernant sans jamais avoir esté
[83]
accusé ne actainct d'aulcun aultre mauvaix
[84]
cas digne de reprehencion et qu'il est pouvre
[85]
home de mestier, chargé de femme et cinq petitz
[86]
enfans, soubz l'aige de neuf ans, qui n'ont
[87]
de quoy vivre ; et noze soy reparoir, converser
[88]
ne habiter oudit cartier avec sesdits femme et
[89]
enfans, doubtant estre apprehendé par justice
[90]
et accusé dudit cas. Nous suppliantz qu'il nous
[91]
plaise en l'honneur de la Passion de dieu avoir
[92]
sur ce esgard et dudit cas luy impartir
[93]
et conceder nos lettres de remission et pardon
[94]
tres humblement requerant icelles. Pourquoy
[95]
nous, etc.

Lescouet