Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Commutation pour Pierres Huet

Registre B34 Lettre n° 17

10/04/1532

<72 verso>
Commutation de peine pour Pierres Huet dont
la teneur ensuist.
[1]
Francois, etc, a tous ceulx qui ces presentes lettres verront, savoir
[2]
faisons, nous avoir receu l'humble supplicacion et requeste
[3]
nous faicte des femme, parens et amys de notre pouvre et
[4]
tres humble subgect Pierres Huet, menusier, detenu es prinsons
[5]
de Victré, Contenant que come ainsi soit que le sabmedy
[6]
dixieme jour de mars derroin, ledit Huet fust party
[7]
de sa demeurance estant en la ville dudit Victré pour aller
[8]
en la parroisse de Pyré, esperant retourner celluy jour
[9]
en sadite demourance et pour raison de la pluye qui sourvint
[10]
celluy jour, ledit Huet couscha pres une barge estant
[11]
pres une chappelle desappartenant du lieu et demeure
[12]
Du Plesseix Bonnenfent en ladite parroisse de Pyré. Et
[13]
comme environ mesnuyt a son premier revoil, se advysa
[14]
ledit Huet d'aller ches ledit Sr du Plesseix Bonnenfent
[15]
pour y prandre et desrober de l'argent si possible
[16]
luy estoit pour se retirer hors des censures
[17]
ecclesiastes esquelles pour lors estoit et est uncore
[18]
a present a certaines personnes pour jugez non poyez
[19]
et affin d'obtenir le benefice d'absolucion a la
[20]
feste de Pasques lors prochaine ensuivante. Est-il que au
[21]
lendemain le matin comme ledit Huet aperceut que
[22]
ledit Sr et dame du Plesseix et leurs gens estoint
[23]
allez a la messe, se trouva ledit Huet par les jardrins
[24]
dudit lieu du Plesseix en la maison dudit lieu et entra
[25]
en une chambre haulte estante en une tour dudit
[26]
lieu ou il trouva l'huys fermé et avecques certaine tenaille
[27]
qu'il avoit avecques luy, leva la claveure dudit huys
[28]
et entra dedans icelle chambre et il entré leva
[29]
icelluy Huet la claveurre d'un coffre estant en icelle
[30]
chambre et en icelluy coffre, print et ensaesina
[31]
de plusieurs especes d'or et monnoye dont <73 recto>
[32]
il a esté trouvé saesy, savoir de quinze [?comptes?] de
[33]
targe de Johannes, sept trezains et demy escut d'or souleil, ung
[34]
phelipus, deux marabeis et ung quevalot, ung gros de quatre
[35]
soulz neuf deniers en dozains, cinquante six en Karolus, trante
[36]
et ung soulz, ouict deniers, deux testous et demy, sept bretons,
[37]
trante troys gros de troys soulz tournois la piece, deux gros
[38]
de chacun deux soulz six deniers, ung quinzain, deux louyz,
[39]
dozains et troyz liars. Et chacun desdites precedentes ledit Huet
[40]
estimoit estre et apartenir au recepveur dudit Sr du
[41]
Plesseix Bonnenfant et dempuix a esté trouvé ladite some
[42]
apartenir a dom Robert Roussin, quelles sommes et chacune
[43]
il a eues et reconnectes et veu ce qu'est dessur recité
[44]
ledit procureur de Victré a demandé proces estre vers ledit
[45]
Huet decrecté, ce que luy a esté a telle fin que de
[46]
raison ; et apres avoir repecté les faictz dessus recitez
[47]
et prins ses conclusions criminelles allencontre dudit Huet
[48]
avoit a quoy ledit Huet a faict telle et pareille confession
[49]
que dessus et neantzmoins icelle a esté audit procureur de Victré de
[50]
estre parlé avecques celluy Huet par torture et question,
[51]
de laquelle demande a esté audit procureur reservé faire
[52]
droict et craignent et doubtent lesdits supplians que veu
[53]
notre coustume du pays, rigueur de justice soit
[54]
observee envers ledit Huet et qu'il feust pour ledit
[55]
cas condamné a mort. Combien et neantzmoins que ce soit
[56]
le premier [?furt?] et laronery par ledit Huet commis
[57]
et que de justice il n'eust esté auparavant actainct
[58]
ne convaincu d'aulcun cryme et delict. Nous supplians
[59]
qu'il nous plaise luy impartir misericorde dudit
[60]
cas, actendu le numbre d'enfans que ledit Huet a
[61]
a substanter et alimenter de sondit art et mestier
[62]
ouquel il est bien expert, luy octroyer noz lettres
[63]
de grace et remission ou bien pour la pouvreté dudit Huet,
[64]
sadite femme et enfans luy condamner a la peine de mort
[65]
en quoy il pouroit estre par rigueur condamné
[66]
en quelque autre plus legere peine, telle qu'il
[67]
nous plaira et le plus secrectement que fere se pourra <73 verso>
[68]
affin que ledit Huet ne soit privé de povoir gaigner
[69]
de quoy substanter sesdits femme et enfans. Et sur ce luy
[70]
pourveoir de remede convenable tres humblement le nous
[71]
requerant. Pourquoy nous ce que dessus consideré
[72]
voullans misericorde preferer rigueur de justice,
[73]
avons de noz grace especial plaine puissance et auctorité
[74]
royal comme et par cesz presentes commuons la peine et
[75]
pugnytion en quoy ledit Huet pouroit estre a raison
[76]
de ce que dessus condamné a peine de mort en une
[77]
fustigacion publicques en ladite ville de Victré aux
[78]
lieux et endroictz acoustumez a fere executez telles
[79]
sentences, satisfacion prealablement fecte a parties interessees
[80]
si faicte et est. Si donnons en mandement a notre
[81]
seneschal de Rennes, mander et commander aux juges de ladite
[82]
court de Victré devant lesquelz a esté ledit cryme
[83]
[?avoyre?] et ledit proces poursuy, proceder l'un et chacun
[84]
deux proceder a l'entherinement de nosdites lettres de commutation
[85]
de peyne et icelles fere executer sellon leur teneur
[86]
mandant oultre a tous officiers et autres justiciers
[87]
a qui de ce apartiendra de cesdites presentes fere souffrir
[88]
et laisser ledit Huet, plainement et paisiblement joyr
[89]
et user nonobstant rigueur de droict, coustume
[90]
ou autres choses a ce consideres en tesmoing. De quoy
[91]
nous avons faict mectre notre seel a sesdites presentes.
[92]
Donné a Rennes, le dixiesme jour d'apvril,
[93]
l'an de grace mil cinq cens trante deux et de notre
[94]
regne le dix oinctiesme, et saellé a double queue
[95]
et cire jaulne.

Pelerin