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Rémission pour Francois Pany

Registre B34 Lettre n° 23

25/05/1532

<99 verso>
Autre remission pour Francois Pany,
la verificacion au seneschal de Rennes.
[1]
Francois, etc, savoir faisons, nous avoir receu
[2]
l'humble supplicacion et requeste des parens
[3]
et amys consanguins de Francoys Pany de le aige
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de ving troys ans ou envyron, tailleur et cousturier,
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demourant en la paroisse de Domallan soubz notre juridicion
[6]
de Rennes, Contenante que de tout temps et ancieneté
[7]
pour chacun premier jour de l'an apres l'issue de vespres,
[8]
se gecte ou bourg de Trelles soubz ladite juridicion, une
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soulle qu'est une grosse pelotte de cuyr remplye
[10]
de feing* et bourre, apres et avec laquelle
[11]
se jouent et courent plusieurs jeunes gens de diverses
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parroisses par esbat et joyeuseté a qui gaignera
[13]
et emportera ladite pelotte et soulle. Et que le
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premier jour de l'an derroin passé, se y trouva entre
[15]
autres ledit Francoys Pany pour veoirs jouer
[16]
a ladite soulle laquelle ne fut pour ledit jour guaignee
[17]
de [?nully?] pour ce qu'elle fut en jouant crevee
[18]
et rompue. Et apres avoir esté icelle soulle
[19]
jouee, soy trouva et rendit ledit Pany au soir dudit jour
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en la maison et demourance d'un nommé Jehan Martin
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ou villaige du Ragot en ladite paroisse de Trelles
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et avec luy Pierre Martin, Pierre Maczon, Jacques Raoulliet,
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Jehan Hubert et Guillaume Le Conte esperant icelluy
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Le Conte aller veoirs une fille dudit Jehan Martin
[25]
que ledit Le Conte pretendoit a avoir en mariage.
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Et soupperent en icelle maison et en souppant
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diviserent diceluy mariage et de plusieurs autres
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choses. Puys apres avoir souppé, aviserent et
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delibererent eulx aller coucher ches ledit Pierre
[30]
Martin au village de Haustebaste en ladite paroisse
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de Trelles et s'en partirent ensemblement pour y aller
[32]
lesdits Pany, Hubert et Rallier et Le Comte ayant ledit <100 recto>
[33]
Raoullier ung broc de fer et laisserent encore en
[34]
ladite maison lesdits Pierre Martin et Maczon disans qu'ilz
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s'en alloint devant. Et en faisant leur chemyn droict
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a la maison dudit Martin estans pres d'un villaige
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nommé La Borardiere aperceurent en une piecze de terre
[38]
anjoignant de leurdit chemyn aucuns gens portans
[39]
du feu qu'ilz ne congnoissoint fors qu'ilz ymaginerent
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que c'estoint piegueurs d'oyseaulx. Et pour ce qu'il estoit
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heure tarde se adviserent de aller veours quels gens
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se estoint ce que ne peurent congnoistre mays veyrent
[43]
au feu que ilz estoint oysilleux et qu'il y avoit grant
[44]
numbre de gens. A raison de quoy ilz n'osoint se
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approcher d'eulx mays furent aperceuz par l'un de ceux
[46]
gens incongnuz qui dist aux autres par telles parolles :
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« Voyez des gens la derriere ! » et craignant ledit Pany et
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et autres dessurdits que assailliz par derriere, marcherent
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avant et fut ledit feu estainct par ledit Francois Pany
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disant en l'endroict ledit Raoulliet pour constituer les autres
[51]
en crainte telles parolles : « Tuez, tuez ! » Et en se disant,
[52]
commancerent a frapper les ungs sus les autres
[53]
et s'entredonnerent plusieurs coups et collees de
[54]
bastons de boys et dudit broc dont ledit Raoulliet estoit
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garny sans en avoir congneu aulcun d'eulx pour ce qu'il
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estoit nuyct et faisoit fort obscur et povoit estre
[57]
lors envyron deux ou troys heures de nuict. Et faisans
[58]
oudit conflict bruict et jurans par plusieurs foiz le nom
[59]
de dieu disans : « Tuez, tuez ! qu'il n'eschappe pas
[60]
ung ! »
Et apres ce departirent et emporterent
[61]
lesdits Pany et autres dessusdits l'[?escloiouere?] a
[62]
prandre oyseaulx que lesdits autres avoyent.
[63]
Or est advenu que ung nommé Jehan Broschart
[64]
qui estoit de la bande desdits oysilleux incongnuz
[65]
au moyen de quelques coup qu'il receut oudit
[66]
conflict le lendemain ainsi que l'on dit par faulte
[67]
de pensement, gouvernement ou autrement, alla de
[68]
vie a trespas. Pour raison duquel cas et homicide
[69]
ledit Pany doubtant rigueur de justice s'est
[70]
absenté du pays auquel ne ailleurs il n'oseroit
[71]
bonnement ne surement converser ne soy
[72]
tenir si noz grace de remission et <100 verso>
[73]
misericorde ne luy estoint sur ce imparties.
[74]
Nous suppliant qu'il nous plaise, actendu
[75]
la forme du faict qui est advenu par cas fortuit
[76]
et inopiné, sans aucune precogitacion et mesures
[77]
que en touz ses affaires ledit Pany a esté bien
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famé et renommé sans jamais avoir esté
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actaint ne convaincu d'aultre villain cas,
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blasme ou reproche, dudit cas luy impartir et
[81]
conceder nos lettres de grace, remission et
[82]
pardon, tres humblement requerans icelles. Pourquoy, etc.

De Kerguern