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Registre B34 Lettre n° 37

03/07/1532

<136 verso>
Remission pour Loys de Lesnerac, la verification
au seneschal de Nantes, dont la teneur ensuilt.
[1]
Francois, etc, a tous presens et avenir, savoir faisons, nous avoir receu
[2]
l'humble supplicacion et requeste des parens et amys consanguins
[3]
de Loys de Lesnerac, pouvre gentilhome, Contenant que au moys de may derroin
[4]
a ung jour de lundy il se seroit trouvé ou bourg de Saint Nicolas ou
[5]
quartier de Redon. Et après y avoir beu et faict bonne chere avec
[6]
plusieurs personnes come envyron l'heure de soulleil couchant, ala ledit
[7]
de Lesnerac a la demourance de la veufve de deffunct Gilles Quenille,
[8]
tenante vin en vante audit bourg de Saint Nicolas avec luy estant
[9]
ung nomme Pierres Guerin, merchant, demourant ou villaige de
[10]
Cachouet, et Pierres Jouneaulx de la paroisse de Avezac sur espoir
[11]
de se y donner du vin l'un a l'autre. Et eulx estant en
[12]
ladite maison, sourdirent parolles entre ledit de Leznerac et ung nommé
[13]
Geffroy Boterel, homme roturier et portable quel estoit en ladite
[14]
maison pour le fere assavoir d'un plegement que ledit Botherel avoit
[15]
faict savoir audit de Lesnerac de non prandre ne excecuter ses biens ;
[16]
entre lesquelles parolles luy dist ledit de Lesnerac : « Tu ses bien que tu
[17]
me doibs mon argent ! Soyez sur que je seroy bien payer. »
Et de faict
[18]
estoit ledit Boterel debturier * audit de Lesnerac par raison d'une ferme
[19]
d'un moullin que avoyt ledit Botherel tenu dudit de Lesnerac ; lesquelles
[20]
parolles ainsi dictes par ledit de Lesnerac en desprisant ledit de Lesnerac,
[21]
respondit celluy Boterel par telles parolles : « Vous ne jouyrez pas de moi
[22]
et n'en ferez a votre guise ! »
Et sur ce commancerent a avoir parolles
[23]
de noyse et debat l'un a l'autre. Quoy voyant l'un desdits nommés
[24]
de ladite compaignye dist audit de Lesnerac que fusent allez
[25]
a la maison de Macé Novel estante oudit bourg et que en icelle
[26]
il donneroit ung pot de vin audit de Lesnerac. A quoy s'acorda ledit
[27]
de Lesnerac cuidant eviter plus grand differend avec ledit Boterel
[28]
et sortirent hors la maison de ladite veufve lesdits de Lesnerac,
[29]
Guerin et Jouneaulx, et en icelle laisserent ledit Boterel,
[30]
prindrent chemyn a aller a la maison dudit Novel et tout
[31]
incontinent qu'ilz furent hors ladite maison estans esloignez
[32]
de l'huys dicelle d'envyron ung grand gect de paller, ledit
[33]
Botherel s'en sortit et yssut hors la demourance de ladite veufve
[34]
et estans pres l'huys dicelle, se print a dire a haulte <137 recto>
[35]
voix par telles ou semblables parolles : « Fouy, fouy de ceulx qui
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mal me veillent ! bran pour eulx et pour Loys de Lesnerac ! »

[37]
Et ainsi ou par telles parolles le crya et hucha par plusieurs foiz.
[38]
Et estant ledit de Lesnerac deplesant desdites parolles il qui estoit
[39]
eschauffé de vin s'en retourna tout incontinent eschausfé vers
[40]
ledit Boterel, tira l'espee qu'il porta a son cousté et en donna
[41]
audit Botherel deux ou troys coups dont l'attaignit sur la
[42]
teste l'un desquelz se trouva de taille tellement qu'il blecza
[43]
ledit Boterel en la teste et en hault du visaige et lors
[44]
ledit Boterel se print a fuyr et rentra en la maison
[45]
de ladite veufve de Quenille en laquelle il faisoit
[46]
bien trouble a raison de la nuyct qui se aprochoit.
[47]
Et ledit de Lesnerac quel estoit irrité et desplesant
[48]
des parolles que luy avoit dict ledit Botherel et que l'un deubst
[49]
son bien, suyvit ledit Boterel en ladite maison, luy donna
[50]
de sadite espee ung coup d'estoc dont il le attaignit entre
[51]
les deux espaulles. A raison desquelz coups est
[52]
venu a congnoissance ausdits suplians que ledit Botherel
[53]
bien tost apres estoit allé de vie a deceix. Au moyen
[54]
de quoy craignent lesdits suplians que l'on veille vers ledit
[55]
de Lesnerac proceder a rigueur de justice par forban
[56]
ou autrement, si par nous ne luy est sur ce imparty
[57]
nos lettres de grace et remission, nous requerant
[58]
tre humblement icelles. Pour quoy nous, etc.

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