Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Registre B34 Lettre n° 50

23/08/1532

<170 recto>
Remission pour Regné Rousfart de la paroisse
du [?Partre?], la verifficacion aux juges de Rennes.
[1]
Francois, etc, a tous presentz et a venir, savoir faisons, nous
[2]
avoir receu l'humble supplicacion et requeste de
[3]
notre tres humble subgect René Rousfart, natif
[4]
de cesluy notre pays en la parroisse du [?Partre?] et a present <170 verso>
[5]
demeurant en la parroisse de Sainct Helier pres
[6]
Rennes, Contenant que environ quinze ans sont [??]
[7]
qui nouvellement estoit allié par mariaige ou pays
[8]
du Maine en la parroisse de Loyeron, et [?espoir?] par envye
[9]
et emulacion* de ses voysins ou autrement, auroit esté
[10]
mis et institué a cuiller* le devoir du sallaige*.
[11]
Et pour ce qu'il n'entendoit la facon de se fere poyer
[12]
dicelluy debvoir, il auroit commis
[13]
a ce fere ung nommé Julien Chevalier dicelle parroisse
[14]
lequel se seroit en compaignie dudit supliant
[15]
trouvé ou bourg de ladite parroisse de Loyeron ches
[16]
ung nommé Jehan Bobon. Et a cause que ledit
[17]
exposant avoit promis quelque somme de monnoye
[18]
audit Chevalier pour son sallaire de ladite cuillecte,
[19]
celluy Chevallier auroit dit audit exposant
[20]
que s'il ne le poyoit au terme entreulx assigné,
[21]
il luy feroit domage. Sur quoy se seroit entreulx
[22]
trouvé différent et parolles de querelle entre
[23]
lesquelles ledit Chevallier auroit dit et
[24]
reproché audit exposant que sa femme estoit
[25]
une avoetresse et fille d'ung autre que celluy
[26]
que sa mere avoit espousé. De quoy ledit exposant
[27]
irrité avoit desmenty ledit Chevallier. Et sur ce, se
[28]
seroient levez et faict effors de s'entre
[29]
oultraigez si non les presens qui les en auroient
[30]
empeschez sans y avoir autres oultraiges. Et
[31]
apres se seroit ledit exposant retiré oudit
[32]
bourg ches Guillaume Sorin, la femme duquel
[33]
estoit seur de la mere de la femme dudit exposant
[34]
et y auroit souppé, ou semblablement ledit Chevalier
[35]
se seroit trouvé et assemblement avecques quelsques autres
[36]
auroient souppé en icelle maison. Durant
[37]
lequel soupper, ledit exposant
[38]
et Chevalier auroint eu plusieurs parrolles de rigueur
[39]
continuant ausquelles ledit Chevallier auroit <171 recto>
[40]
donné menaces audit exposant de luy fere dommaige
[41]
et perte en ses biens. Apres lequel soupper, celluy
[42]
exposant et Chevalier continuans
[43]
toushours en leurs parolles de querelle se departirent esperant
[44]
ledit exposant s'en aller a sa maison sans intencion
[45]
de fere oultraige a personne et pour la longitude*
[46]
du temps n'est ledit exposant sonnant des
[47]
propos et parrolles frivolles* de leur different.
[48]
Oyant lesquelles parolles, ung nommé Loys
[49]
Guerchaye auroit demandé audit Chevalier
[50]
s'il voulloit point de baston. A quoy ledit Chevalier
[51]
auroit respondu que non et ledit exposant
[52]
monstrant n'avoir maltallant* de oultraiger
[53]
ledit Chevalier ny autres auroit dit que ledit Chevalier
[54]
n'avoit que fere de baston et qu'il ne luy
[55]
demandoit riens. Aussi n'avoit ledit exposant
[56]
baston invasif ny de quoy il sceust fere oultraige
[57]
fors ung petit cousteau tranchepain. Et pour
[58]
obvier audit Chevalier et sa querelle, ledit exposant
[59]
se seroit retardé de peur de rencontrer ledit
[60]
Chevalier en chemyn par l'espace d'un demy quart
[61]
d'heure et auroit lessé ledit Chevalier en compaignie
[62]
d'un appellé Foucquer en sournom s'en aller
[63]
devant. Et celluy exposant esperant aller
[64]
a sa maison, fut rencontré par ledit Chevalier
[65]
environ nuyt fermante et apres avoir ledit
[66]
Chevalier entendu que c'estoit ledit exposant
[67]
auroit donné ung coup sur le costé dextre
[68]
dudit exposant d'un pal de boys qu'il tenoit en
[69]
intencion d'en oultraiger comme est a presumer ;
[70]
et sur ce que ledit Chevalier se seroit efforcé
[71]
frapper ledit exposant derechef ledit
[72]
exposant se seroit approché et saesy ledit
[73]
Chevalier au corps. Et pour ce que ledit Chevalier <171 verso>
[74]
estoit le plus puissant de l'aige de trante ou trante
[75]
et troys et ledit exposant de dix huit ou dix neuf
[76]
doubtant ledit exposant que ledit Chevalier
[77]
veu sa fureur le mist a mort, tira sondit
[78]
cousteau et dicelluy en la fureur et collere
[79]
ou il estoit d'avoir esté ainsi [?aguecté?] et
[80]
assailly par ledit Chevalier aliené de son bon
[81]
sens, frappa ledit Chevalier troys ou quatre
[82]
coups comme il a depuix entendu. Et que
[83]
a l'occasion diceulx ou par faulte de bon pensement,
[84]
ledit Chevalier estoit allé de vie a deceix. Pour quoy il doubtas
[85]
rigueur de justice se seroit rendu fugitif et depuis faisant notre tres cher
[86]
et tres amé filz le dauphine deviennoys et duc proprietaire de cedit pays son antree et
[87]
couronnement en ceste notre ville de Rennes, ledit supliant se seroit mis es prisons de notre court
[88]
dudit Rennes desquelles il auroit esté mis hors et pour de nous obtenir lettres de grace et
[89]
remission dudit cas temps luy baillé. Nous supliant tres humblement icelles luy requicter, remectre et pardonner ledit cas et
[90]
impartir et conceder sur ce luy impartir noz lettres de grace et
[91]
remission tres humblement le nous requerant
[92]
Pour quoy nous, etc.

Pelerin