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14/09/1532
<192 verso>
Remission
pour Jehan Jourdan de Foulgeres,
la
verifficacion aux juges
dudit Foulgeres.
[1] Francois,
etc, a tous
presens et a venir, Salut.
Savoir faisons, nous
avoir receu
[2] l'humble
supplicacion et requeste des
parens et amys consanguins
[3] de Jehan Jourdan chargé de femme
et enfans demourant
soubz
[4] notre juridicion de Foulgeres,
Contenant que puis cinq ans
[5] et auparavant quatre ans derniers, ung
nomé Colas Chappon
[6] estoit
serviteur dudit Jourdan
et demouroit avec luy. Et
[7] ung soir,
apres avoir celluy Chappon souppé en la
[8] maison de
sondit maistre qui avoit
celluy jour esté a
Combour
[9] a ses
afferes, sortit icelluy Chappon hors la maison
[10] dudit Jourdan aller au veilloays
* a la
[11] maison de Olivier Moaise ou il fut par
quelques
[12] temps
et jucques a ce que il ouyt ung sublet
*.
[13] A
raison duquel,
ledit Chappon ouvrit l'huys
dudit
[14] Moaese
et parla a quelques gens
que il
nomma
[15] a son retour estre le varlet de Guyon Lalu. Et
[16] assez tost apres,
ledit Chappon sortit de la maison
dudit Moaese
[17] disant aller mener son cheval en champ et
qu'il
[18] retourneroit incontinent, ce qu'il ne fist, disant
[19] oultre
ledit Chappon que
ledit Jourdan estoit
[20] allé au Petit Sainct Aublin vendre des fers de
[21] cheval, ce que n'estoit veritable, ains celluy
[22] Jourdan couscha toute la nuyt en sa maison
[23] sans en departir jucques au lendemain assez
[24] haulte heure. Et durant
ladite nuyt, ne
retourna
[25] ledit Chappon en la maison
dudit Jourdan dont
[26] il, sa femme et
serviteur ayant eu congnoissance.
[27] Et le lendemain au matin,
ledit Chappon passa
[28] par devant la maison
dudit Moaese qui estoit
[29] encores au lict
et luy dist qu'il
et ledit
[30] Moaese feussent allez tirer de la
[?gauge?]
[31] et que les maczons
dudit Jourdan qui lors
[32] besoignoint a la maison dicelluy
Jourdan en
<193 recto>
[33] chommoient combien
que encores
ledit Chappon
[34] n'eust
parlé audit Jourdan. Et
ledit jour,
lesdits Chappon
[35] et Moaese besougnerent
ensemble a tirer de la
[?gauge?]
[36] pour fere les chemynees que voulloit
fere faire
[37] ledit Jourdan. Si nous ont
oultre lesdits supplians
[38] remonstré que celluy
jour ou bien tost apres il fut
[39] bruyt
et commun regnon
* que ung
nomé le petit Dutertre
[40] qui avoit bruyt de exposer faulse monnoye qu'il
[41] alloit querir en Normendie, avoit esté trouvé
[42] mort sur le chemyn de la ville d'Entrain a
distance
[43] de la maison
dudit Jourdan d'
environ une lieue et
[44] demie et que
ledit Chappon l'avoit mis a mort ; de quoy
[45] il interrogea a
parrt icelluy Chappon
sondit serviteur
[46] qui apres longues
parolles touchant ce, luy
confessa
[47] avoir faict
ledit homicide celle nuyt
et que ce avoit esté
[48] ledit Petit Dutertre qui l'avoit
[?asseblé?] ladite nuyt
[49] qu'il estoit ches
ledit Moaese et que ilz estoint
[50] d'accord de s'en aller tous deux en Normendie
[51] ou
ledit Petit Dutertre avoit dit
audit Chappon
[52] qu'il feroit
grandement son profilt
et qu'il
seroit
[53] en brief temps riche, sans luy declairer le
[54] moien. Et que ainsi qu'
ilz estoint sur le chemyn
[55] de
ladite ville d'Entrain
pour aller
audit pays de
[56] Normandie,
ledit Chappon demanda
audit Petit
Dutertre
[57] que ilz alloint
fere audit Normendie, a quoy icelluy
[58] Dutertre luy respondit que ilz alloint querir de la
[59] faulse
monnaie pour la bailler aux gens de Surchamps
[60] qui ne la congnoissoint point
et que en ce
faisant, ilz
[61] y gaigneroint de
quatre grans blancs ung. A quoy
[62] luy dist
ledit Chappon que il n'yroit point
audit
[63] Normendie a celle
cause que si la justice le savoit
[64] qu'il
seroit boully
et commencza a s'en
retourner, ce que
[65] voulut empescher
ledit Dutertre. A
raison de quoy,
[66] s'estoint entre
batuz en force,
que ledit Chappon avoit
[67] tué
ledit Dutertre. Quelle
confession ainsi oye
<193 verso>
[68] par ledit Jourdan, dist
audit Chappon
que se il estoit
[69] prins par justice que il
seroit pendu
et qu'il s'en
[70] fuist, ce que depuis
ledit Chappon feist apres
[71] avoir esté
par deux ou troys
jours caché en la
[72] maison
dudit Jourdan qui disoit ne
savoir qu'il
[73] estoit devenu
pour cuider saulver ledit
[74] Chappon qui avoit esté son
serviteur. Plus
[75] nous ont
lesdits supplians
remonstré que a
quelzques
[76] jours apres, aulcuns de ses voysins luy dirent
[77] que les officiers de Foulgeres
et Basoges se
[78] vantoint que
icelluy Jourdan
leur rendroit
[79] ledit Chappon ou ilz le feroint pugnir
[80] corporellement et que l'on disoit qu'il avoit
[81] esté
participant dudit cas. A
raison qu'il avoit
[82] quelque proces
avecques ledit deffunct et qu'
ilz
[83] le mectroient en torture. A raison de quoy,
[84] il eut si tres grant peur qu'il se rendit
[85] en franchise
et de
jour en autre luy donnent
[86] lesdits officiers de Foulgeres
et Bazouges menaces
[87] de le prandre, gehayner
* et torturer se ilz
[88] le trouvent hors de imunité
et franchise.
[89] A raison de quoy,
ledit Jourdan est constitué en
[90] merveilleuse craincte
et a
perdu beaucoup de
[91] ses biens combien
qu'il ne fut oncques
cause,
[92] moien ne
participant dudit homicide
et s'en
[93] veult
injustement et loyaulment justiffier
[94] par devant telz
juges qu'il
nous plaira ; et
[95] a esté
tousiours ledit Jourdan bien vivant,
[96] de bon rest
et gouvernement, sans aulcun
reproche.
[97] Nous supplians lesdits exposans impartir desdits cas
audit Jourdan
[98] noz
lettres de grace,
remission et pardon, tres
humblement le
nous
[99] requerant. Pour quoy
nous,
etc.
Mandart