Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Registre B34 Lettre n° 66

06/11/1532

<216 verso>
Remission pour Jullien Emery, menusier,
et Guyon Meignen, laboureur , de lorcin*
declairé en ladite remission adreczee pour
verificacion au seneschal de Nantes, dont la teneur
ensuilt.
[1]
Francois, etc, a tous presens et advenir, Salut. Savoir faisons
[2]
nous avoir receue l'humble supplicacion et requeste
[3]
des parens et amys consanguins de noz pouvres
[4]
subgectz Julien Emery, pouvre home de l'art et
[5]
mestier de menuserie, et Guyon Meignen, pouvre <217 recto>
[6]
home de labeur demourans en la parroisse
[7]
de Varades en notre comté de Nantes, a present
[8]
detenuz prinsonniers a grant misere et calamité
[9]
ou Bouffay et prinsons de notre ville de Nantes,
[10]
Contenant come Jacques Emery, filz dudit Julien
[11]
[?en?] cinq ans [?sont?] ou environ delaissé et habandonné
[12]
sondit pere sans avoir ouy nouvelles de luy
[13]
es deux ans derroins jucq a notre derniere
[14]
venue en cestuy notredit pays et duché, quel
[15]
se trouva a la fin du moys d'aoust ches sondit
[16]
pere audit lieu de Varades ou il resida quelque
[17]
peu de temps disant qu'il suyvoit notre court
[18]
et qu'il avoit maistre, et que il et Pierres
[19]
Belin dudit Varades avoient achapté deux escuelles
[20]
d'argent sans leur declairer de qui ne pour quel
[21]
pris quelles ilz avoient des long temps mises
[22]
en gaige de six livres ou environs a Candé en
[23]
La Mee ou pays d'Anjou disant ledit Jacques
[24]
Emery audit Julien Emery sondit pere qu'elles valloint
[25]
grandement plus que icelle somme. Et pour ce qu'il disoit
[26]
n'avoir argent pour les delivrer, dist a sondit
[27]
pere qu'il luy convenoit les delivrer ; a quoi repondit
[28]
sondit pere qu'il n'avoit argent mais qu'il failloit
[29]
parler audit Meignen quel est marié
[30]
avecques la seur dudit Emery et que s'il avoit
[31]
argent ilz iroint audit Candé pour retiré ladite vexelle d'argent.
[32]
Ce qu'ilz firent et alla avecques eulx ledit
[33]
Meignen audit lieu de Candé ou illec chez ung
[34]
nommé Francoys Malinet trouverent ladite
[35]
vexelle qui estoit en gaige de la some de six livres
[36]
troys soulz dont ledit Emery en poya ung escu
[37]
soulleil et dix soulz, et ledit Megnen soixante
[38]
dix soulz. Et ce faict, prindrent chemyn lesdits
[39]
Meignen, Emery et sondit filz a venir en notredite
[40]
ville de Nantes ayant ledit Emery lesdites escuelles
[41]
es manches de la robe qui estoint liees par le bout,
[42]
et cachees au dedans de sa robe lesquelles escuelles <217 verso>
[43]
y avoit escuczons d'armoyries gratees et effacees
[44]
des lors qu'ilz les retirerent tellement que l'on
[45]
n'y pouvoit rien congnoistre sans jamais avoir
[46]
eu congnoissance desdites armes ne a qui apartenoient
[47]
icelles escuelles. Et lorsqu'ilz furent arrivez en
[48]
notredite ville de Nantes, allerent vers Gilles
[49]
Mabit, orfeuvre, auquel ilz offrirent lesdites
[50]
escuelles a vendre luy disans qu'il n'eust a les
[51]
acuser, et que s'il y avoit ung pot de vin a
[52]
gaigner qu'il en gaignist sa parrt. Lequel
[53]
Mabit print et retint icelles escuelles
[54]
leur disant qu'ilz feussent apres disner venuz
[55]
vers luy et qu'il leur eust baillé argent ;
[56]
a quoy ilz s'accorderent. Et a l'apres disner
[57]
dudit jour, retournerent vers ledit Mabit
[58]
lesdits le Meignen et Emery fors ledit filz dudit
[59]
Emery lequel Mabit les mena a notre provost
[60]
dudit Nantes, auquel il avoit ja baillé
[61]
lesdites escuelles. Lequel provost les interrogea
[62]
des moiens, faczon et commant alloit du faict
[63]
desdites escuelles et qui leur avoit baillees. Et
[64]
apres les avoir touchant ce interrogez, les
[65]
fist constituer et mener en nosdites prinsons et
[66]
Bouffay de Nantes ou ilz sont encores detenuz
[67]
comme dit est. Quelles escuelles notre cher
[68]
et amé cousin et lieutenant general en cedit pays,
[69]
le Sr de Chasteaubriend a dempuix avouees estre
[70]
siennes et luy apartenir, et luy ont esté icelles
[71]
rendues. Et soit ainsi que en procedant sur ledit
[72]
cas vers eulx, ilz ont nomé et appellé pour garant
[73]
ledit Jacques Emery, filz dudit Julien, quel leur a
[74]
esté [??] amener dedans ung moys ou en
[75]
deffault de ce fere et estre vers eulx proces decrecté
[76]
a notre procureur dudit Nantes, affin de pugnicion
[77]
dudit cas, ce que leur est impossible fere a raison
[78]
que ledit Jacques s'est des leur prinse rendu fugitif
[79]
hors notredit pays et duché comme est tout notoire
[80]
sans dempuix ledit Megnien et Emery avoir
[81]
sceu ne eu aucune congnoissance quelle parrt il est allé. <218 recto>
[82]
Si nous remonstrent lesdits supplians que dempuix lesdits
[83]
Francoys Mallinet et sa femme ont esté renduz
[84]
prinsonniers audit Bouffay de Nantes lesquelz
[85]
en jugement ont congnu avoir baillé lesdites deux
[86]
escuelles ausdits Emery et Megnien et avoit
[87]
receu l'argent d'eulx [?deix?] pour lequel lesdites
[88]
escuelles tenoint avecques ung escu, que
[89]
ledit Mallinet a dit avoir eu dudit Jacques Emery
[90]
fugitif. A raison de quoy, sont pourtant lesdits Julien
[91]
Emery et Meignien relevez dudit faict mais
[92]
pour tant qu'ilz ont esté en coulpe d'avoir ce
[93]
recelle et teu a justice dempuix le recouvrement faict
[94]
desdites escuelles veu et congneu y avoir escuczons
[95]
dont presumption estoit de desrobement et de ne s'estre
[96]
saesiz dudit Jacques ainsi qu'estoint tenuz fere, doubtent
[97]
que justice s'esforce de proceder vers eulx a rigueur
[98]
de justice. Et a ceste cause, nous ont tres humblement
[99]
supplyé, actandu que lesdits Emery et Meignen avoint
[100]
auparavant ledit cas avenu vescu honestement de leur art et
[101]
mestier sans jamais avoir commis ne perpetré aucun
[102]
cas digne de reprehencion, de notre grace especiale
[103]
plaine puissance et auctorité souveraine, leur quicter
[104]
et pardonner ledit cas ensemble la pugnicion en quoy
[105]
pour raison dudit cas ilz pourroient estre cheuz et
[106]
encouruz envers nous et justice. Tres humblement
[107]
le nous requerant, pour ce est que nous
[108]
ces choses considerees, etc.

Pelerin