Copyright (c) 1999 by Nicole Dufournaud
Cette transcription a été réalisée par Nicole Dufournaud pour son mémoire de maîtrise et est consultable à l'URL suivant : http://nicole.dufournaud.net/remission/. Si vous utilisez ce document pour une publication, prière de référencer le mémoire de maîtrise et si vous l'utilisez en ligne, prière de référencer l'URL du document.
This transcription has been done by Nicole Dufournaud for her Master's Thesis and is available at: http://nicole.dufournaud.net/remission/. If you use this document for a publication, please add the Master's Thesis in the citations; if you use it online, please reference this URL.

Registre B34 Lettre n° 78

13/12/1532

<247 recto>
Remission pour Thebaud Jamyn de la
parroisse du Tail, la verifficacion aux juges
de Rennes.
[1]
Francois, etc, a tous presens et a venir, savoir faisons nous
[2]
avoir receu l'humble supplicacion et requeste de
[3]
notre pouvre subgect Thebaud Jamyn de la parroisse
[4]
du Tail, Contenant que le jour et feste saint Lorens
[5]
en l'an mil cinq cens trante ung, allapresmedy
[6]
dicelluy jour, il se trouva en la compaignie
[7]
d'un nomé Emery Mannoir quelz ensemblement
[8]
allerent boyre en la maison d'une nommee
[9]
Andree de Montallembert lors tenant vin
[10]
en vente audit lieu du Tail sur espoir de <247 verso>
[11]
composer de la faulche que avoit fecte ledit suppliant
[12]
pour ledit Mannoir a la methairie du Boullay
[13]
ou estoit ledit Mannoir, mestayer. Et comme
[14]
ainsi estant a boire en une chambre en laquelle
[15]
estoient aussi a boire en une autre table
[16]
Jehan Morel, greffier de la court du Tail,
[17]
Jacques Bourgonniere, Jacques Viel, Jehan
[18]
Corde et plusieurs autres, survint en ladite chambre,
[19]
ung nommé Bertran Mannoir ayant une arbalestre
[20]
bandee et ung matraz dessus lequel a son
[21]
arrivee adreczant ses parrolles a ung nomé
[22]
Jehan Denise dist par telles parolles : « L'on m'a
[23]
dit que tu te plains d'avoir perdu une
[24]
tasse d'estain ! Il fault scavoir la verité. »

[25]
Et en disant celles parrolles ou equivallentes,
[26]
frappa ledit ledit[sic] Bertran deux ou troys coups
[27]
sur les joues dudit Denise. Quoy voyant ledit
[28]
Denise s'enfuyt et yssit hors ladite
[29]
chambre. Et incontinent se leverent
[30]
de la table ou estoint a boire lesdits Emery
[31]
Mannoir qui est frere germain dudit Bertran
[32]
et ledit suppliant ayant ung petit maillot* en
[33]
sa main de la grosseur d'environ deux poings.
[34]
Et comme ledit suppliant sortoit de ladite chambre
[35]
en une gallerie estante aupres dicelle,
[36]
se y rendit ledit Jacques Viel lequel dist
[37]
audit suppliant par telles ou semblables parrolles :« Où va
[38]
ce fol ycy ? Es-tu fol ? Que veulx-tu fere de ce maillot ?
[39]
Si tu en frappoys ung home, tu le tueroys ! »

[40]
A quoy ledit suppliant respondit qu'il
[41]
ne luy en povoit challoir et que ledit jour il s'en
[42]
eust peu s'irriter. Et sur celles parrolles, y eut
[43]
entreulx grant noaise taschans chacun d'eulx <248 recto>
[44]
a s'entre frapper. Et en icelluy conflict frappa
[45]
ledit suppliant audit Viel ung coup dudit Maillot
[46]
en la teste et sur tant furent departiz. Et apres
[47]
estre departiz, sur ce que les assistans les reprenoint
[48]
d'avoir eu debat, respondit ledit suppliant qu'il
[49]
avoit frappé ung bon coup dudit maillot
[50]
audit Viel et qu'il luy avoit bien maloché
[51]
la teste. Et ce faict, se descendit ledit Viel
[52]
lequel compta et paya la despense par luy
[53]
fecte a ladite Andree et apres se couscha
[54]
celluy Viel qui estoit eschauffé de vin
[55]
et se endormit sur une mest estant
[56]
en une allee du bas de ladite maison. Et au
[57]
resveil, se trouva ledit Vieil fort mallade
[58]
et dedans vingt quatre heures apres
[59]
alla celluy Viel de vie a trespas. A raison de quoy
[60]
par les officiers de la court de Rougé au siege
[61]
du Tail a esté ledit suppliant accusé d'avoir esté
[62]
cause de la mort dudit Viel et pour ledit cas s'est
[63]
tousiours rendu fugitif craignant rigueur
[64]
de justice. Et estre ledit suppliant pouvre home
[65]
ne possedant que peu de biens et n'ayant
[66]
de quoy vivre, si non de ce qu'il peult gaigner
[67]
a ses journees et s'estre tousiours en aultres ses afferes
[68]
bien gouverné sans jamais avoir esté reprins
[69]
de justice. Et auparavant ledit cas advenu
[70]
ny avoit eu entre luy et ledit Viel querelle,
[71]
debat ne inymitié. Et depuix faisant
[72]
notredit filz le dauphin son entree en ceste
[73]
notre ville de Rennes, s'estre ledit suppliant
[74]
rendu prinsonnier es prinsons dudit Rennes <248 verso>
[75]
desquelz il a esté mis hors et temps luy baillé
[76]
pour de nous obtenir lettres de grace et
[77]
remission dudit cas. Et a ceste cause, nous
[78]
a tres humblement supplyé et requis icelles
[79]
luy impartir et conceder, pour quoy
[80]
nous, etc.

Pelerin